Les Inuits sont un peuple autochtone de l’Arctique canadien, distinct des Premières Nations (Amérindiens). Environ 70 000 Inuits vivent au Canada, principalement au Nunavut (territoire créé en 1999) et au Nunavik (nord du Québec). Leur langue, l’inuktitut, leur mode de vie lié à la chasse et à la pêche, et leur adaptation remarquable au climat arctique en font un peuple unique. Cette page couvre l’histoire, la culture, l’économie et les enjeux contemporains des communautés inuites. Nous reconnaissons que les terres de l’Inuit Nunangat sont les territoires ancestraux non cédés du peuple inuit.
Histoire des Inuits
Origines et peuplement de l’Arctique
Les ancêtres des Inuits, les Thuléens, ont migré depuis l’Alaska vers l’est du Canada il y a environ 1 000 ans, remplaçant progressivement la culture de Dorset qui occupait l’Arctique depuis 2 500 ans. Ils se sont adaptés à l’un des environnements les plus hostiles de la planète grâce à des innovations comme le kayak, l’umiak (grand bateau), le harpon à tête détachable et l’igloo.
Contrairement aux Premières Nations du sud, les Inuits n’ont jamais signé de traités historiques avec la Couronne britannique. Leur territoire, jugé trop inhospitalier, a longtemps été ignoré par les colonisateurs européens.
Contact avec les Européens
Les premiers contacts avec les Européens remontent aux Vikings vers l’an 1000, puis aux explorateurs comme Martin Frobisher (1576) et Henry Hudson (1610). Les baleiniers écossais et américains ont ensuite fréquenté les eaux arctiques aux XVIIIe et XIXe siècles, apportant maladies et bouleversements.
La période des relocalisations forcées (1950-1970)
Le gouvernement canadien a imposé aux Inuits des politiques dévastatrices :
- Relocalisations forcées : des familles ont été déplacées vers l’Extrême-Arctique (Resolute Bay, Grise Fiord) pour affirmer la souveraineté canadienne
- Abattage des chiens de traîneau : la GRC a tué des milliers de chiens, brisant le mode de vie traditionnel
- Pensionnats autochtones : les enfants inuits ont été arrachés à leurs familles et envoyés dans des écoles résidentielles
- Numéros de disque : les Inuits se voyaient attribuer un numéro au lieu de leur nom traditionnel
Devoir de mémoire : en 2008, le Premier ministre Stephen Harper a présenté des excuses officielles pour les pensionnats autochtones. En 2010, le Canada s’est excusé pour les relocalisations forcées vers l’Extrême-Arctique.
Création du Nunavut (1999)
Après des décennies de négociations, le Nunavut (« notre terre » en inuktitut) est créé le 1er avril 1999, séparé des Territoires du Nord-Ouest. C’est l’aboutissement de la plus importante revendication territoriale autochtone de l’histoire canadienne. L’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut (1993) accorde aux Inuits :
- 350 000 km² de terres en propriété
- 1,17 milliard de dollars sur 14 ans
- Des droits de chasse, de pêche et de piégeage
- Une participation à la gestion des ressources
Le Nunavut : terre des Inuits
Géographie et climat
Le Nunavut est le plus grand territoire du Canada avec 2,09 millions de km² (21 % du territoire canadien). Il englobe la majeure partie de l’archipel arctique canadien et s’étend du nord du Manitoba jusqu’au pôle Nord magnétique.
| Donnée | Nunavut |
|---|---|
| Capitale | Iqaluit (8 000 hab.) |
| Population | ~40 000 habitants |
| Densité | 0,02 hab./km² |
| % Inuits | 85 % |
| Langues officielles | Inuktitut, inuinnaqtun, anglais, français |
| Température moyenne (janvier) | -30°C à -35°C |
| Température moyenne (juillet) | 5°C à 10°C |
| Nombre de communautés | 25 |
| Route reliant les communautés | Aucune (accès par avion ou motoneige) |
Les 25 communautés du Nunavut
Aucune route ne relie les 25 communautés du Nunavut entre elles. Les déplacements se font par avion, motoneige ou bateau (en été). Les principales communautés sont :
- Iqaluit (8 000 hab.) : capitale du territoire, centre administratif
- Rankin Inlet (3 000 hab.) : hub économique de la région de Kivalliq
- Arviat (2 800 hab.) : communauté en croissance rapide
- Baker Lake (2 100 hab.) : seule communauté intérieure, centre artistique
- Cambridge Bay (1 800 hab.) : porte d’entrée du passage du Nord-Ouest
- Pond Inlet (1 700 hab.) : « Joyau de l’Arctique », narvals et icebergs
- Pangnirtung (1 500 hab.) : porte d’entrée du parc national Auyuittuq
Le Nunavik : les Inuits du Québec
Le Nunavik (« grande terre » en inuktitut) couvre le tiers nord de la province de Québec, soit environ 500 000 km². Contrairement au Nunavut, le Nunavik n’est pas un territoire autonome mais une région administrative du Québec.
| Donnée | Nunavik |
|---|---|
| Région | Nord du Québec |
| Superficie | ~500 000 km² |
| Population inuite | ~13 500 |
| Nombre de villages | 14 |
| Principale ville | Kuujjuaq (2 700 hab.) |
| Langue | Inuktitut, anglais, français |
| Accord territorial | Convention de la Baie-James (1975) |
La Convention de la Baie-James (1975)
La Convention de la Baie-James et du Nord québécois (CBJNQ), signée en 1975, est le premier accord de revendication territoriale moderne au Canada. Elle a été négociée dans le contexte du projet hydroélectrique de la Baie-James. Les Inuits du Nunavik ont obtenu :
- Des indemnités financières de 225 millions de dollars
- La création de la Société Makivik (gestion économique)
- Des droits exclusifs de chasse et pêche sur certaines terres
- La gestion de l’éducation et de la santé via des organismes inuits
Les 14 villages du Nunavik
Les 14 communautés du Nunavik sont situées le long des côtes de la baie d’Hudson, du détroit d’Hudson et de la baie d’Ungava :
- Kuujjuaq (2 700 hab.) : capitale administrative, accès par Air Inuit
- Puvirnituq (1 900 hab.) : centre artistique réputé (sculpture inuit)
- Inukjuak (1 800 hab.) : art et artisanat, village historique
- Salluit (1 500 hab.) : village le plus au nord du Québec
- Kuujjuarapik (700 hab.) : village le plus au sud du Nunavik
Le Nunavik aujourd’hui : une région en transformation
Le Nunavik connaît une croissance démographique parmi les plus élevées du Canada. La population inuite y est jeune — plus de 35 % des habitants ont moins de 15 ans. La Société Makivik, créée à la suite de la Convention de la Baie-James, joue un rôle moteur dans le développement économique de la région. Elle détient notamment la compagnie aérienne Air Inuit, qui dessert les 14 villages, ainsi que des parts dans des entreprises de construction, de pêche commerciale (crevettes nordiques, flétan du Groenland) et de transport maritime. La Commission scolaire Kativik assure l’éducation dans les trois langues (inuktitut, français, anglais), avec un enseignement en inuktitut durant les premières années du primaire, un modèle reconnu pour la préservation linguistique. Malgré ces avancées, le Nunavik partage avec le Nunavut des défis communs : pénurie de logements, coût de la vie élevé et accès limité aux soins spécialisés, les patients devant souvent être évacués vers Montréal.
La langue inuktitut
L’inuktitut est la langue des Inuits de l’est de l’Arctique canadien. Au Nunavut, elle est l’une des quatre langues officielles avec l’inuinnaqtun, l’anglais et le français. C’est la langue autochtone la plus parlée au Canada.
Caractéristiques de l’inuktitut
- Langue polysynthétique : un seul mot peut exprimer une phrase entière en français
- Écriture syllabique : le syllabaire inuktitut (ᐃᓄᒃᑎᑐᑦ) a été développé par des missionnaires au XIXe siècle
- Variantes régionales : l’inuinnaqtun (ouest du Nunavut) utilise l’alphabet latin
- Environ 40 000 locuteurs au Canada
Le saviez-vous ? Contrairement à la croyance populaire, les Inuits n’ont pas « 50 mots pour la neige ». Cependant, l’inuktitut possède de nombreux termes précis pour décrire différents types de neige et de glace, essentiels à la survie dans l’Arctique.
Quelques mots en inuktitut
| Inuktitut | Syllabique | Français |
|---|---|---|
| Ai | ᐊᐃ | Oui |
| Aakka | ᐋᒃᑲ | Non |
| Ullaakkut | ᐅᓪᓛᒃᑯᑦ | Bonjour |
| Nakurmiik | ᓇᑯᕐᒦᒃ | Merci |
| Inuk | ᐃᓄᒃ | Être humain (singulier) |
| Inuit | ᐃᓄᐃᑦ | Êtres humains (pluriel) |
| Nunavut | ᓄᓇᕗᑦ | Notre terre |
| Nanuq | ᓇᓄᖅ | Ours polaire |
| Tuktu | ᑐᒃᑐ | Caribou |
L’inuktitut : une langue vivante à préserver
L’inuktitut est la langue autochtone la plus vigoureuse au Canada, mais elle fait face à des pressions croissantes. Au Nunavut, environ 65 % de la population inuite déclare l’inuktitut comme langue maternelle, un chiffre en recul chez les jeunes générations qui grandissent de plus en plus avec l’anglais. La Loi sur la protection de la langue inuite du Nunavut, adoptée en 2008, vise à garantir l’usage de l’inuktitut dans les services gouvernementaux, l’éducation et le milieu de travail. Des initiatives communautaires contribuent à la vitalité linguistique : émissions de radio et de télévision en inuktitut sur IBC (Inuit Broadcasting Corporation), programmes d’immersion linguistique pour les aînés et les jeunes, et développement de contenus numériques. Le syllabaire inuktitut, avec ses caractères distinctifs comme ᐃ, ᐅ, ᐊ, est un symbole puissant de l’identité inuite, visible sur les panneaux de signalisation, les billets de banque canadiens et les logos officiels du Nunavut.
Mode de vie traditionnel et contemporain
La chasse et la pêche
La chasse et la pêche restent au coeur de l’identité inuite. Ce n’est pas un loisir mais un mode de vie qui assure la sécurité alimentaire et le lien avec la terre. Les principales activités de subsistance sont :
- Chasse au caribou : source principale de viande, fourrure pour les vêtements
- Chasse au phoque : viande, graisse et peaux, pratiquée toute l’année
- Chasse à la baleine : la chasse au béluga et au narval est réglementée par quotas communautaires
- Pêche à l’omble chevalier : poisson emblématique de l’Arctique, pêché dans les rivières et lacs
- Chasse à l’ours polaire : quotas stricts, gérés par les communautés, aussi offerte aux chasseurs sportifs comme source de revenus
- Chasse au morse : ivoire, viande et cuir utilisés traditionnellement
Controverse sur la chasse au phoque : les campagnes anti-chasse au phoque menées par des organisations comme Greenpeace dans les années 1970-1980 ont dévasté l’économie inuite. Le marché de la fourrure de phoque s’est effondré, privant des familles de leur principale source de revenus. L’Union européenne a banni les produits du phoque en 2009, avec une exemption pour les Inuits rarement utilisable en pratique.
La nourriture traditionnelle (country food)
La nourriture traditionnelle reste essentielle. Le coût des aliments importés au Nunavut est 2 à 3 fois plus élevé que dans le sud du Canada. Un panier d’épicerie pour une famille de 4 personnes peut coûter plus de 400 $ par semaine à Iqaluit.
- Muktuk : peau et graisse de béluga ou de narval, riche en vitamine C
- Nikku : viande séchée de caribou
- Mattaaq : viande crue congelée de phoque ou de caribou
- Omble chevalier : séché, fumé ou consommé cru (sashimi arctique)
Habitat et transport
L’igloo n’est plus qu’un abri temporaire de chasse. Les Inuits vivent dans des maisons préfabriquées, souvent surpeuplées en raison de la crise du logement. Les déplacements se font en motoneige l’hiver, en bateau et VTT l’été, et en avion entre les communautés.
Les villages inuits aujourd’hui
Les communautés inuites du XXIe siècle sont des lieux où coexistent tradition et modernité. Un village inuit typique compte entre quelques centaines et plusieurs milliers d’habitants. On y trouve une école, un centre de santé communautaire (nursing station), un magasin Northern Store ou Co-op, une église, un bureau municipal et souvent un aréna — le hockey sur glace étant extrêmement populaire chez les jeunes Inuits.
La vie quotidienne dans un village inuit est rythmée par les saisons. L’hiver, la motoneige est reine et les chasseurs partent sur la glace de mer traquer le phoque ou pêcher l’omble chevalier sous la glace. L’été, les familles se rassemblent dans des camps de chasse traditionnels sur la terre (« on the land »), perpétuant les savoirs transmis par les aînés. Ces séjours sur le territoire sont considérés comme essentiels pour la santé mentale et la transmission culturelle.
Les défis sont cependant considérables. La crise du logement entraîne un surpeuplement chronique, avec parfois trois générations sous le même toit. Le coût de la vie est parmi les plus élevés au monde : un sac de dix oranges peut coûter 20 dollars, et le carburant pour la motoneige représente une dépense majeure pour les chasseurs. Malgré ces difficultés, les communautés inuites font preuve d’une résilience remarquable. Des programmes de soutien aux chasseurs, des congélateurs communautaires pour partager la nourriture traditionnelle et des initiatives de construction de logements par les Inuits eux-mêmes témoignent de cette détermination à bâtir un avenir enraciné dans la culture.
L’art inuit : une tradition vivante de renommée mondiale
L’art inuit est l’une des traditions artistiques autochtones les plus reconnues au monde. Il puise dans les récits mythologiques, la relation avec la faune arctique et la vie quotidienne sur le territoire.
La sculpture sur pierre
La sculpture sur stéatite (pierre à savon), serpentine et marbre est la forme d’art inuit la plus connue. Les artistes sculptent des ours polaires, des chasseurs, des mères portant leur enfant dans un amauti, des esprits transformateurs (humain-animal) et des scènes de la vie quotidienne. Chaque communauté a son style distinctif : les sculptures de Cape Dorset (Kinngait) sont réputées pour leur élégance, celles de Baker Lake pour leur expressivité, et celles d’Inukjuak pour leur réalisme. Les oeuvres des grands maîtres comme Kenojuak Ashevak, Osuitok Ipeelee et Davidialuk Alasua Amittu se vendent pour des dizaines de milliers de dollars dans les galeries et maisons de ventes aux enchères.
L’estampe et la gravure
Les ateliers de gravure de Kinngait (anciennement Cape Dorset) produisent depuis 1959 des collections annuelles d’estampes qui sont parmi les plus recherchées au monde. Les techniques comprennent la lithographie, la gravure sur pierre, la pochoir et la gravure sur cuivre. Les artistes comme Shuvinai Ashoona et Tim Pitsiulak (1967-2016) ont acquis une renommée internationale. Les estampes du Nunavik, notamment celles de Puvirnituq, sont également très prisées des collectionneurs.
Le chant de gorge (katajjaq)
Le katajjaq est une forme musicale unique pratiquée traditionnellement par deux femmes qui se font face. Elles produisent des sons rythmiques en alternance, imitant les bruits de la nature — le vent, les animaux, l’eau qui coule. Ce qui était autrefois un jeu entre femmes pendant les longues nuits d’hiver est devenu un art de la scène reconnu mondialement. L’artiste Tanya Tagaq a révolutionné le genre en le fusionnant avec la musique contemporaine, remportant le prix Polaris en 2014. Le katajjaq a été inscrit au patrimoine culturel immatériel du Québec en 2014.
Visiter une communauté inuite : guide du voyageur responsable
Visiter le Nunavut ou le Nunavik est une expérience profondément dépaysante qui demande préparation, respect et ouverture d’esprit. Le tourisme communautaire, lorsqu’il est pratiqué de manière responsable, peut contribuer à l’économie locale et favoriser les échanges culturels.
Avant de partir
- Réservez longtemps à l’avance : les places en avion et les hébergements sont limités
- Prévoyez un budget conséquent : un billet aller-retour Montréal-Iqaluit coûte entre 1 500 et 3 000 CAD ; l’hébergement varie de 200 à 400 CAD la nuit
- Contactez les opérateurs locaux : privilégiez les entreprises détenues par des Inuits, comme Inuit Adventures au Nunavik ou les offices de tourisme communautaires du Nunavut
- Informez-vous sur la communauté : chaque village a sa propre histoire, ses particularités et ses protocoles
Règles de savoir-vivre en communauté inuite
- Demandez toujours la permission avant de photographier des personnes, des cérémonies ou des propriétés privées
- Ne jugez pas les pratiques de chasse : la chasse au phoque, au caribou et à la baleine fait partie intégrante de la culture et de la sécurité alimentaire inuites
- Acceptez les invitations avec gratitude : si on vous offre de la nourriture traditionnelle (country food), c’est un geste d’hospitalité important
- Respectez les aînés : les Elders (Inuktitut : inutuqait) sont les gardiens du savoir et méritent un respect particulier
- Soutenez l’économie locale : achetez de l’art et de l’artisanat directement aux artistes ou dans les coopératives communautaires
- Laissez le territoire tel que vous l’avez trouvé : ne ramassez ni artefacts, ni ossements, ni pierres ayant une signification culturelle
Économie
Les mines : or, diamant et ressources
Le sous-sol du Nunavut recèle d’importantes richesses minérales :
| Mine | Ressource | Lieu | Statut |
|---|---|---|---|
| Mary River | Minerai de fer | Nord de l’île de Baffin | En exploitation (Baffinland) |
| Meadowbank / Amaruq | Or | Près de Baker Lake | En exploitation (Agnico Eagle) |
| Meliadine | Or | Près de Rankin Inlet | En exploitation (Agnico Eagle) |
| Hope Bay | Or | Kitikmeot | Suspendue |
| Kiggavik | Uranium | Ouest du Nunavut | Projet controversé |
| Chidliak | Diamants | Île de Baffin | Exploration |
Les mines d’or d’Agnico Eagle emploient des centaines de travailleurs inuits et constituent le principal employeur privé du Nunavut. Des ententes sur les répercussions et avantages (ERAI) garantissent des retombées pour les communautés : emplois, formation, redevances.
L’industrie du diamant aux Territoires du Nord-Ouest
Les Territoires du Nord-Ouest voisins abritent les principales mines de diamants du Canada (Ekati, Diavik, Gahcho Kué), qui emploient également des travailleurs autochtones. Le Canada est le 3e producteur mondial de diamants.
Artisanat et art inuit
L’art inuit est reconnu mondialement :
- Sculpture sur pierre (stéatite, serpentine) : ours, phoques, chasseurs, esprits
- Gravure et estampe : les ateliers de Cape Dorset (Kinngait) sont célèbres
- Tapisseries : les tapisseries de Baker Lake et Pangnirtung
- Chant de gorge (katajjaq) : tradition musicale unique pratiquée par deux femmes face à face
Autres secteurs économiques
- Gouvernement : principal employeur au Nunavut (objectif : 85 % d’Inuits dans la fonction publique)
- Pêche commerciale : crevettes et flétan au large du Nunavut et du Nunavik
- Construction : projets d’infrastructures (logements, aéroports)
- Compagnies aériennes inuites : Canadian North, Air Inuit, Calm Air
- Technologies et connectivité : le déploiement de services informatiques adaptés aux communautés nordiques représente un enjeu majeur pour le développement du Nunavut
Tourisme dans l’Arctique
Le tourisme arctique est en plein développement, offrant des expériences uniques au monde.
Que voir et faire au Nunavut
- Parc national Auyuittuq (île de Baffin) : randonnée spectaculaire, pics de granite, fjords
- Parc national Sirmilik : icebergs, oiseaux migrateurs, glaciers
- Parc national Quttinirpaaq (île d’Ellesmere) : le parc le plus septentrional au monde
- Observation des narvals à Pond Inlet et Arctic Bay (juin-août)
- Observation des ours polaires à Arviat et dans la baie d’Hudson
- Aurores boréales : visibles d’octobre à mars dans tout le territoire
- Passage du Nord-Ouest : croisières d’expédition (Cambridge Bay)
Tourisme au Nunavik
- Parc national des Pingualuit : cratère météoritique spectaculaire
- Parc national Kuururjuaq : mont D’Iberville (1 652 m), plus haut sommet du Québec
- Parc national Tursujuq : le plus grand parc national du Québec
- Aventures Inuit : séjours chez l’habitant, pêche, traîneau à chiens
Bon à savoir : le coût du voyage est élevé. Un billet d’avion aller-retour Montréal-Iqaluit coûte entre 1 500 et 3 000 CAD. L’hébergement est limité et cher (200-400 CAD/nuit). Réservez longtemps à l’avance.
Défis contemporains
Les communautés inuites font face à des défis majeurs.
Crise du logement
Le Nunavut manque de plus de 3 000 logements. Le surpeuplement (en moyenne 2,7 personnes par chambre dans certaines communautés) entraîne des problèmes de santé et sociaux. Construire une maison au Nunavut coûte 3 à 4 fois plus cher que dans le sud.
Insécurité alimentaire
Environ 70 % des ménages inuits au Nunavut sont en situation d’insécurité alimentaire, le taux le plus élevé de tout pays développé. Un litre de lait peut coûter 15 $ à Iqaluit.
Santé et bien-être
- Taux de suicide 5 à 10 fois plus élevé que la moyenne canadienne
- Espérance de vie inférieure de 10 ans à la moyenne nationale
- Taux de tuberculose 290 fois plus élevé que chez les Canadiens non autochtones
- Accès limité aux soins : les patients doivent souvent être évacués vers le sud
Changements climatiques
L’Arctique se réchauffe 2 à 3 fois plus vite que le reste de la planète. Les conséquences pour les Inuits :
- Fonte du pergélisol menaçant les infrastructures et les bâtiments
- Glace de mer plus mince et imprévisible, rendant la chasse dangereuse
- Modification des routes migratoires du caribou
- Érosion côtière menaçant plusieurs communautés
Liens entre Inuits et peuples de Sibérie
Les Inuits du Canada partagent des origines communes avec les peuples autochtones de Sibérie, notamment les Yupiks et les Tchouktches. Des études génétiques et linguistiques confirment que les ancêtres des Inuits ont traversé le détroit de Béring il y a des milliers d’années. Aujourd’hui encore, le Conseil circumpolaire inuit (ICC) rassemble les communautés inuites du Canada, de l’Alaska, du Groenland et de la Russie, favorisant les échanges culturels entre ces peuples de l’Arctique.
Gouvernance et organisations inuites
- Inuit Tapiriit Kanatami (ITK) : organisation nationale représentant les Inuits du Canada
- Nunavut Tunngavik Inc. (NTI) : veille au respect de l’Accord du Nunavut
- Société Makivik : gère les fonds et le développement économique du Nunavik
- Conseil circumpolaire inuit (ICC) : organisation internationale représentant les Inuits du Canada, de l’Alaska, du Groenland et de la Russie
- Administration régionale Kativik (ARK) : gouvernement régional du Nunavik